TROMPETTE

Par: (pas credité)


Instrument de cuivre au son éclatant, la "trompette" évoque tout autant la musique que le bruit. Quelques expressions anciennes s'en souviennent, même si elles sont plus usitées de nos jours : "faire le bien à son de trompe", c'est-à-dire le faire savoir à tous les éclats ; "faire sonner la trompette", ou "emboucher la trompette", c'était prendre un style très élevé, peut-être trop élevé, pour dire ou écrire quelque chose ; ça avait donc quelque chose d'un peu trop solennel.

Et les "trompettes de la Renommée" se faisaient l'écho de la célébrité et de la gloire. La "trompette" est donc l'instrument de la proclamation, de ce qu'on est obligé d'entendre. Non seulement c'est l'instrument du bruit, mais c'est celui qui couvre le bruit des autres : c'est celui qui fait faire silence.

Jadis, les mouvements de troupe, dans les armées de l'Ancien Régime, se faisaient de façon grandiose, avec "trompettes" et "tambours". Ainsi, se comprend donc l'expression "sans tambours ni trompettes", qu'on employait lorsque des mouvements se faisaient dans le silence et le secret - notamment lorsqu'on décampait "sans tambours ni trompettes".

Et une fois qu'on aura cité les bugles, buccins, cornets, clairons, instruments de la même famille, il ne nous restera plus qu'à mentionner le fait que l'origine du mot, si elle est obscure, est probablement expressive : elle évoque le gonflement des joues, léger pour prononcer le mot "trompette", amplifié pour jouer réellement de l'instrument. Nommer la "trompette", c'est donc une miniature de la pratique de la chose elle-même.




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