DIVORCE

Par: (pas credité)


Le "divorce" est en question en ce moment. On s'est demandé si on allait instituer un divorce civil en France. Apparemment, ce n'est pas encore tout à fait à l'ordre du jour : nous ne sommes pas près d'adopter une solution de rechange au jugement de "divorce", prononcé par un juge, et d'accepter une procédure "déjudiciarisée", plus simple, moins solennelle, moins coûteuse probablement et qui fasse moins intervenir le droit.

N'empêche que ça nous a fait parler de "divorce". Le sens du mot ne pose pas de problèmes : il s'agit de revenir sur le lien du mariage, de le dénouer donc. Et c'est quelque chose d'officiel. A priori, les sentiments n'ont rien à voir là dedans.

Mais l'histoire du mot illustre bien la différence entre un mot et une chose. Par exemple, sous l'ancien régime, le mot "divorce" existait, mais pas la chose, impossible, interdite : la première loi sur le "divorce" date de la Révolution, votée rapidement le 20 septembre 1792.

Qu'en est-il de la famille du mot ? On a un nom, "divorce", un verbe "divorcer", qui ne s'emploie pas à la forme pronominale, du moins en France, de nos jours. Jadis, on a parlé de "se divorcer", expression symétrique de "se marier". Mais cette tournure, pourtant logique et assez jolie, est sortie d'usage. Et on a un participe adjectif qui désigne un état : "il est divorcé", "elle est divorcée".

Des synonymes ? Pas vraiment. Mais on peut dire un mot de l'affreux "répudiation". Oh c'est plus la chose que le mot qui est affreuse puisqu'elle évoque un pouvoir discrétionnaire d'une partie du couple sur l'autre. Et devinez qui répudie, et qui est répudiée, de l'homme ou de la femme. Quand vous saurez qu'étymologiquement "répudier" signifie repousser du pied, vous saurez presque tout sur les coulisses inconscientes de cette méprisable pratique.

Et puis le "démariage", vieux mot qui existait en ancien français, et que les sociologues remettent à l'honneur aujourd'hui (c'est le titre d'un ouvrage d'Irène Théry) pour évoquer l'ensemble des séparations des couples, mariés ou pas, et leurs conséquences juridiques et pratiques (enfants succession, partage des biens, etc.).




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