BIBENDUM

Par: (pas credité)


Les "bibs" font la Une ? Pour répondre à cette question, il faut savoir ce que c'est qu'un "bib", mot familier qui désigne (ou a désigné - c'est peut-être un peu ancien) les travailleurs de chez Michelin, à Clermont-Ferrand. Pourquoi "bib" ? Parce que c'est l'abréviation de "bibendum" qui est la mascotte et l'emblème de la marque. "Bibendum" est en effet un gros petit bonhomme rigolard, représenté sous la forme d'un empilement de pneus, et qui représente depuis plus d'un siècle ce fabricant de pneumatiques.

Alors, pourquoi "bibendum" ? On avait d'abord pensé à un personnage sympathique qui incarnerait le produit ; donc un bonhomme-pneu. Puis on avait trouvé un slogan pour ces premiers pneumatiques qui devaient rendre bien plus confortable la conduite automobile. Et on avait trouvé "Michelin boit l'obstacle". Il restait à faire comprendre que le bonhomme-pneu avalait sans effort les cahots de la route. Et "bibendum" est le gérondif du verbe latin "bibere", et signifie, entre autres, destiné à boire. D'autre part, la sonorité du mot, tout en b, évoque facilement quelque chose de gonflé (cf. ballon, boursouflé, baudruche, bâfrer, etc. Mais d'autre part, ce "bibendum" venait d'un vers du poète latin Horace : "nunc est bibendum", c'est-à-dire c'est le moment de boire, c'est le moment de célébrer notre bonheur d'avoir vaincu. En effet, Horace écrit ce vers après avoir raconté la victoire, à Actium d'Octave (futur empereur Auguste), sur Antoine. Et cette victoire ouvre à Antoine le chemin vers le trône et la maîtrise de l'Empire romain. Il y avait donc de quoi célébrer.

"Bibendum" est donc un mot d'origine à la fois plaisante et latine, prononcé comme le latin d'autrefois (bibendome) et qu'on peut mettre sur le même plan que quelques autres mots qui, en français, dérivent de cette forme gérondive : "mémorandum" (ce qu'il faut se rappeler), et "référendum" qui évoque la nécessité de demander un avis, d'opérer une consultation populaire.




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