HEURE

Par: (pas credité)


Avec le deuxième projet de loi sur les 35 heures, on parle beaucoup de ces fameuses "heures", sans prendre même la peine de préciser qu'il s'agit d'"heures" de travail hebdomadaires. Et l'"heure" est souvent une unité de travail, notamment du travail ouvrier. De là des expressions telles que "heure supplémentaire" - "heure sup" en abrégé, "il ne compte pas ses heures", pour dire de quelqu'un qu'il n'est pas avare de son travail, ou même les fameux et déjà anciens "3/8", système d'équipes qui se relayent permettant qu'un lieu de production tourne 24 heures sur 24.

Mais, ce mot "heure" a fondamentalement deux sens : ou bien il représente une durée (60 minutes), ou bien c'est un moment particulier de la journée.
C'est ainsi qu'on a pu parler d'un "livre d'heures" pour désigner une manière de psautier : les "heures" sont les prières dites à des moments déterminés, et qui scandent la journée - et on se rappelle les fameuses "Très riches heures du Duc de Berry", ouvrage à la fois beau et précieux, qui témoigne d'un art particulier.

De nombreuses expressions attestent encore ce sens de moment de la journée : "à toute heure", "de bonne heure", "à l'heure actuelle".
Et même "tout à l'heure", dont les sens sont particuliers, et qui renvoient aussi bien à l'idée de futur proche qu'à celle de passé proche : "j'ai pris un café tout à l'heure" (il y a une demi-heure…) ou "je prendrai un café tout à l'heure" (un peu plus tard).
De tout façon, cette tournure n'a plus du tout le sens qu'elle avait à l'époque classique : tout de suite. Et La Fontaine en témoigne dans l'une de ses fables les plus connues : "Le Loup et l'Agneau" :
"La raison du plus fort est toujours la meilleure
Nous l'allons montrer tout à l'heure."
C'est-à-dire tout de suite.




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