LES RAPACES

Par: (pas credité)


C'est le 27 octobre 1999 que se termine, à Islamabad, le Festival international des faucons, qui met à l'honneur cet oiseau de chasse, prestigieux et élégant. Mais qu'en est-il de ces "rapaces", dans leur rapport à la langue française ? Ce mot même de "rapace" exprime l'avidité (on dit d'ailleurs, au sens figuré uniquement, la "rapacité").

Les faucons s'opposent la plupart du temps aux colombes, dans le vocabulaire politique : les premiers sont des va-t-en guerre, les seconds des pacifistes (en tout cas, telle est leur tendance générale). Cette image a fleuri aux Etats-Unis, à l'époque de la guerre du Vietnam. Elle est aussi souvent utilisée en Israël. En français, elle est calquée sur l'anglais, de toute façon. Et son origine est transparente : les faucons passent pour belliqueux et les colombes pour douces.

Mais les autres oiseaux de proie ont aussi leur mot à dire.
L'aigle semble apparaître dans des expressions positives : un aigle est un homme supérieur par l'intelligence. Bossuet était ainsi surnommé l'"aigle de Meaux". Mais l'usage se joue de la coutume : l'expression n'est pratiquement employée qu'à la négative : "Ce n'est pas un aigle", c'est-à-dire, "c'est un crétin".
La buse n'a pas besoin d'être mise à la forme négative pour évoquer la bêtise. Pourquoi ? à cause de son vol lourd et bruyant, donc sans finesse ? Ou à cause du latin "bubo", le hibou, qui avec ses "b" répétés évoquaient une certaine balourdise ?
Pourtant, un volatile très proche, la chouette, a subi un destin linguistique bien différent : non seulement c'était l'emblème de la sagesse, et l'oiseau d'Athéna, mais dans une langue familière, l'adjectif chouette est synonyme de bien, beau, agréable, sympathique. Et l'exclamation "chouette !" veut dire "chic !". Ce sens n'est pas récent (XIXème siècle) ; il a subi des éclipses, mais le mot est redevenu à la mode dans les années 70, et on l'entend encore assez couramment.




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