PARLEMENT

Par: (pas credité)


On réunit le "Parlement" des enfants. Ce n'est pas qu'ils prennent la parole plus qu'avant, mais très certainement, on la leur donne plus qu'avant, et on leur fait volontiers singer un certain nombre d'institutions d'adultes : dans un nombre de municipalités, on réunit ainsi des conseils municipaux d'enfants. Passons sur les dangers de manipulation et de démagogie pour en venir à ce mot de "parlement".

Le "Parlement", en gros, représente les assemblées des représentants du peuple : en France, l'Assemblée Nationale et le Sénat.
Pourquoi ce mot ? C'est simple : dans ces assemblées, on parle, et beaucoup. Et c'est bien son origine.

Le "parlement" représente donc a priori le fait de parler. Cette suffixation se trouve encore en français moderne (rendement), mais semble plus fréquente en ancien français : souvenons-nous par exemple du "partement" d'Anne dont se désole son soupirant, Clément Marot : le "partement" d'Anne, c'est son départ.
"Parlement" a voulu d'abord dire conversation et discussion, et le mot est de la même famille que parole, parabole et palabre… Il a pu connaître divers emplois (un "parlement d'amour" était une cour assidue), mais bien vite, il s'est spécialisé : un "parlement" est une réunion où l'on doit discuter, délibérer, et décider de quelque chose. Donc, bien vite, le "parlement" est une assemblée délibérante et, en général, une assemblée de notables.

La monarchie française s'appuie donc sur ces "parlements", des assemblées des grands du royaume convoqués pour traiter d'affaires importantes. Et bien vite, le mot va se spécialiser dans le vocabulaire judiciaire ; le "Parlement" est une cour de justice ("Parlement de Bretagne", etc.). Autour du roi notamment, se réunit la "curia regis", dont l'activité la plus importante était la session judiciaire.
Au XIIIème siècle, l'histoire anglaise nous emprunte le mot sous la forme "Parliament" ou "Parlement", et le mot va rester essentiel dans les institutions anglaises. Il désigne les deux chambres, des Lords et des Communes.
En France, la Révolution supprime le "parlement" d'Ancien Régime le 7 novembre 1790, et le mot, trop lié probablement à l'histoire monarchique, ne sera pas utilisé pour désigner les assemblées du peuple. Toutefois, on l'a vu, le mot est encore employé de façon générique pour désigner -assez vaguement- députés et sénateurs. D'ailleurs, de façon générale, on appelle "parlementaire" un élu à l'une de ces deux chambres.

Et l'adjectif "parlementaire", lui, est souvent utilisé. Une "monarchie parlementaire" fait immanquablement penser à l'anglaise, et s'oppose assez naturellement à la monarchie absolue qui brilla en France durant le dernier siècle et demi de l'ancien régime. Une "monarchie parlementaire", un régime, un système "parlementaires", indiquent grosso modo qu'il existe un contrepoids et une limite institutionnelle à l'exécutif.




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